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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 17:12

Nous étions 250… Grosso merdo. 250 un samedi après-midi ensoleillé à Toulouse. Ma ville. Et la tienne si t’en as envie. Le soleil, le weekend, un temps à se poser en terrasse pour faire tranquillement monter son taux d’alcoolémie. Mais non… Pas de terrasse, pas de demi en pression… Rien de tout ça. Et pourquoi ? A cause d’une douzaine de pétainiste, néonazis, cathos intégristes et autres identitaires. Ils s’étaient donné rendez-vous à 14 heures 30 place du cap. Alors du coup nous est allé au cap à 13h00… Déjà, les CRS n’ont pas voulu. Bon c’est pas franchement une surprise... Mais quand même… On n’avait pas le droit d’aller place du cap. Alors on est resté autour… A dire vrai, on a fait le tour, pour trouver un moyen d’y rentrer... Mais non... Les fascistes étaient bien gardés par les compagnies républicaines de sécurité.

La République n’a jamais été douée pour reconnaitre ses ennemis.

 

Je ne vais pas raconter la manif, elle a déjà été racontée sous toutes les coutures. Je vais plutôt juste dire un petit truc sur un autre truc qui me chiffonne. Aujourd’hui, dans les milieux autorisés à se sentir détachés de toute appartenance politique, la clope au bec et le regard de celui qui sait, on se dit « Antifas et fachos, de toutes façons c’est du pareil au même ». Et puis « ouais de toutes façons les extrêmes se ressemblent et puis de toutes façons je me sens pas plus à l’aise avec un antifa qu’avec un facho. » Je sais pourquoi tu penses ça « camarade »… C’est juste que tu n’as jamais croisé de facho. Un vrai. Avec son t-shirt croix celtique et ses idées sur la France… Et sur nous. Donc sur toi. Un facho qui pense que ce pays lui appartient et qu’il a bien envie d’en faire le point de départ du renouveau white power européen. Des mecs qui tabassent ceux qui ne correspondent pas au moule fixé par un bouquin écrit  en 1924 par un dément. A commencé par les homosexuels, les arabes, les noirs, les juifs, les roms et les femmes et hommes de gauche.

En gros, pour faire simple, il veut détruire tout ce qui n’est pas blanc, catholique et raciste.

 

Tu dis que tu ne te sens pas à l’aise avec les antifas… Pourtant t’es à l’aise avec moi. L’antifascisme c’est quelque chose de grand. De fort. De multiple. Et de vital. Samedi dernier, ils étaient 12 place du cap, à vomir leurs horreurs. Et pourquoi à ton avis ? Tu penses que Toulouse ne compte aucun réac ? Non… Je vais t’expliquer pourquoi, selon moi, ils n’étaient que 12. Ils n’étaient que 12 parce que nous étions 250. Et qu’ils n’avaient pas envie de passer leur journée, sous les insultes et dans la peur que les CRS laissent passer la manif progressiste. Tant que nous nous lèverons à chaque fois que cela sera nécessaire, tout ne sera pas perdu. Tant que nous nous souviendrons, d’Ibrahim, de Brahim, de Clément ou encore d’Andres, tout ne sera pas perdu.

Mais toi, toi camarade qui lit ses mots et qui te reconnait dans cette attitude de ne pas vouloir prendre position aujourd’hui, dans un pays qui connait une crise identitaire, peut être encore inégalée. Toi qui te dit, « cela ne me regarde pas » ou tout simplement « Non, je n’irai pas aux manifs, qu’ils y aillent à ma place. », quelques lignes écrites par un pasteur, à Dachau… Ces lignes tu les connais, mais je m’en fou, elles me serrent la gorge et je me les rappelle quand j’ai la flemme d’aller manifester. Et ça marche à chaque fois, crois-moi, je bouge mon cul. « Quand ils sont venus chercher les communistes, je n'ai rien dit. Je n'étais pas communiste. Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n'ai rien dit. Je n'étais pas  syndicaliste. Quand ils sont venus chercher les juifs, je n'ai rien dit. Je n'étais pas juif. Quand ils sont venus chercher les catholiques, je n'ai rien dit. Je n'étais pas catholique. Et, puis ils sont venus me chercher. Et il ne restait plus personne pour protester ».

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commentaires

Bruno 13/04/2014 12:03

Putain ça y est ! Nico a enfin vu un fasciste en vrai !
:D

Personne 12/04/2014 14:26

Heureusement que les fachos sont là pour vous donner la trique... Parce que pour aller voter, on remet sa clope dans son bec et c'est à son tour qu'on se sent plus concerné.